Photos et récits de mes voyages
Récit de Gaëlle qui a vécu 8 mois en Ouzbekistan. Ces lettres sont des e.mails qui racontent sa vie de tous les jours au pays des coupoles turquoise.
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Samedi 9 août 2003
J'ai assisté à l’ouverture et à la clôture du Championnat de Tennis de Samarkand
C'était marrant, c'était la première fois que j’assistais à du tennis pour de
vrai, pas à la TV et, à chaque belle balle, je m’attendais à voir le ralenti. J’attendais et puis, non, le jeu continuait sans qu’il y ait le ralenti, et je me rendais compte que c'était pour de
vrai cette fois... Longue à tilter la Gaëlle !
J’ai appris de
nouvelles injures en russe. En allemand aussi, mais je ne les comprenais pas. Ils étaient nerveux les joueurs. Pour une raison que je n’ai pas pu expliquer, le public était pour l’Autrichien, Azi
aussi d’ailleurs et moi aussi (mais j’ai mes raisons : c’est un voisin, un Européen). Il y avait un Ouzbek d’origine russe à côtée de moi qui, lui, était pour le Russe.
A un moment, il crie au joueur russe : "Vas-y, écrase-le ce sale Autrichien, c’est un
fasciste !". Et il m’a tellement énervée que je l’ai incendié en le traitant de crétin, en lui disant que c'était du passé, qu’il fallait savoir pardonner et que la faute d’un dictateur
n'était pas imputable à son peuple, surtout 60 ans après. Et je lui ai demandé s’il trouverait normal que je le traite de Staliniste sous prétexte que Staline avait dominé son pays il y a 60 ans
et plus ? Et là, le public autour de nous m’a soutenue, le gars ne savait plus où se mettre et ça m’a fait plaisir de voir que les autres Ouzbeks n'étaient pas aussi cons que
lui.
Voilà, était la petite anecdote de ce beau samedi 9 août
...
Sinon, il y a eu quelques beaux échanges de balles, vous savez,
quand le public fait "haaa...", "hooo...", heee...", "hiii...", quand le suspense est bien présent, que les nerfs des spectateurs souffrent et que les joueurs souffrent encore plus. Et, de
rebondissements en rebondissements (c’est le cas de le dire), on croit que la balle est perdue, mais non ! Il a réussi à la rattraper et celui d’en face aussi d’ailleurs.
Enfin, bref, c'était une belle partie.
Le 6 septembre, Kevin (mon colocataire de Moscou) arrive avec ses parents et avec les valises pleines de saucisson, fromage et vin rouge. Ca va être un vrai festin,
je vais m’en mettre plein la panse. D’la balle !